Le point de départ : vous ne payez pas pour un droit
Il faut être clair là-dessus, parce que le marketing du secteur entretient volontiers la confusion.
Le droit à l'effacement (article 17 du RGPD) est gratuit et opposable pour tout résident de l'Union européenne. Aucun service ne vous vend ce droit — vous l'avez déjà. Ce qu'un service comme Incogni vend, c'est l'exécution répétée d'une corvée : identifier les courtiers, écrire à chacun, suivre les réponses, relancer, recommencer chaque trimestre.
La bonne question n'est donc pas « est-ce que ça marche ? » mais « est-ce que je le ferai vraiment moi-même ? ».
Faire soi-même : ce que ça demande réellement
Le travail se décompose en quatre temps, dont un seul est ponctuel :
Identifier les courtiers. C'est la partie la plus ingrate. Ces entreprises ne se signalent pas, ne ressortent pas quand vous cherchez votre nom, et leurs bases sont vendues à des professionnels. Il faut partir de listes publiques et procéder par recoupements.
Écrire à chacun. Un courrier par organisme, avec justificatif d'identité. Nos modèles prêts à copier réduisent ça à un copier-coller, mais il reste un envoi par destinataire.
Suivre et relancer. Le RGPD accorde un mois pour répondre. Certains répondent, certains ignorent, certains contestent votre identité. Il faut tenir un suivi et relancer.
Recommencer. C'est le point décisif. Les courtiers recollectent en continu : un profil supprimé se reconstitue. Sans répétition, l'effet s'estompe.
Les trois premières étapes sont un projet de quelques soirées. La quatrième est un engagement permanent — et c'est là que la plupart des gens abandonnent.
Déléguer : ce que ça change, et ce que ça ne change pas
Un service automatisé envoie les demandes à sa place, relance selon son propre calendrier, et vous donne un tableau de bord où chaque courtier est nommé avec son statut.
Ce que ça change vraiment : la répétition. Vous n'avez rien à faire pour que la démarche continue au trimestre suivant.
Ce que ça ne change pas :
- Les délais légaux. Un mois de réponse, prolongeable à trois. Payer n'accélère rien.
- Le taux de réussite auprès des récalcitrants. Un courtier qui conteste votre identité le fera aussi face à un prestataire.
- Les données déjà fuitées. Aucun service n'atteint ce qui a circulé après une fuite.
- Votre exposition volontaire. Réseaux sociaux et publications personnelles restent votre affaire.
Et un point à peser honnêtement : pour faire supprimer vos données, vous devez d'abord confier ces données au prestataire — nom, adresses, téléphones, emails. C'est inhérent au principe, puisqu'il faut prouver l'identité pour exercer le droit. Ça reste un arbitrage à faire en conscience.
Le vrai critère de décision
Ni le prix ni l'efficacité, en réalité : la régularité.
Faire soi-même est gratuit et fonctionne — à condition de le refaire tous les trimestres, indéfiniment. Si vous êtes du genre à tenir ce type de routine, vous n'avez besoin de rien acheter, et nos guides suffisent.
Si vous savez que vous ferez la première vague puis plus rien — ce qui est le cas le plus fréquent — alors l'abonnement achète la seule chose que la gratuité ne vous donnera pas : la continuité.
Les cas où nous déconseillons l'abonnement
Autant le dire franchement, y compris quand ça nous coûte une commission :
- Votre empreinte est déjà réduite. Peu de comptes, pas de ligne fixe, nom peu commun, aucune exposition publique. Faites les trois démarches gratuites du guide pilier et arrêtez-vous là.
- Votre problème est le démarchage téléphonique. Bloctel et l'opposition en liste rouge traitent la cause plus directement, gratuitement.
- Vos données ont fuité lors d'un piratage. Ce n'est pas le bon outil. Changez vos mots de passe, activez la double authentification, surveillez vos comptes.
- Vous attendez un résultat rapide. Les délais sont légaux, pas commerciaux. Si l'urgence est réelle, le déréférencement Google agit plus vite.
- Vous êtes prêt à y consacrer une heure par trimestre. Alors faites-le, et gardez votre argent.
Les cas où ça se défend
- Vous êtes exposé publiquement — profession médiatique, élu, commerçant identifiable, ou simplement nom facilement trouvable.
- Vous avez été victime d'une usurpation d'identité ou d'une arnaque, et vous êtes re-ciblé. Réduire la surface accessible limite le risque de récidive.
- Vous avez déjà essayé de le faire à la main et vous vous êtes arrêté au bout de deux semaines. C'est l'indicateur le plus fiable.
Notre position
Les deux voies sont légitimes, et aucune n'est magique.
Si vous n'êtes pas certain, commencez gratuitement : les trois démarches du guide pilier couvrent l'essentiel de l'exposition visible et ne coûtent que du temps. Vous verrez très vite si vous tenez le rythme.
Si au bout d'un trimestre vous constatez que vous n'avez rien refait — ce qui n'a rien de honteux, c'est le cas général — vous saurez alors précisément ce que vous achetez, et pourquoi.
C'est le seul ordre qui nous paraît honnête à recommander sur un site rémunéré à la commission.